Skip to content

Le « technicien de l’intégration »

L’association Historique Le « technicien de l’intégration »

Avec sait que l’intégration d’un salarié TH favorise une dynamique positive, peut faire évoluer des personnes, faire émerger des talents. Notre accompagnement technique et humain est flexible et adapté à la réalité de chaque salarié et aux besoins opérationnels de chaque entreprise.

Avec a créé le métier de technicien de l’intégration.

La « pierre » qu’apporte le candidat TH n’a pas le calibrage habituel demandé par les entreprises. Ce candidat n’a pas le diplôme exigé, il ne pourra pas assumer la fonction définie pour un poste standard.

C’est le rôle du technicien de l’intégration, que de « faire » coïncider dans les meilleures conditions possible deux projets : celui d’un candidat RQTH qui veut et peut travailler parmi tous, et celui d’une entreprise qui recherche un salarié opérationnel RQTH. Nous œuvrons pour que cette « pierre » soit un matériau utile à l’édifice, que l’édifice soit utile à la « pierre ». Nous accompagnons cette expérience dans la durée, et essayons d’en faire une matrice de développements mutuels.

La personne RQTH qui frappe à notre porte pour la première fois est accueillie avec bienveillance. À partir de cette première rencontre, nous nous investissons pour comprendre et/ou faire émerger son projet professionnel. Notre volonté est de repérer ses compétences, rechercher ensemble les conditions optimales pour la réussite de son projet (durée de concentration, moment de la journée favorable, freins divers, durée du transport…), les faire valider par les autres acteurs de l’intégration (famille, tuteur, CMP…). Ce projet devient un projet commun. Nous amorçons alors conjointement les recherches d’entreprises.

Vis-à-vis de l’entreprise, trois validations sont incontournables : celle du service des ressources humaines (RH), celle d’un responsable du projet et d’une équipe partante. Notre préparation est spécifique à chaque intégration. La fiche de poste sera à établir en fonction des besoins réels de l’entreprise et des compétences du nouveau salarié. L’expérience d’Avec facilite le repérage des tâches simples à réserver à notre candidat. Les salariés déjà en poste qui en seront libérés seront plus disponibles pour des tâches plus complexes, il y aura ainsi un gain d’efficience. La liste de ces tâches pourra constituer la fiche de poste du futur salarié. Nous savons que la réussite est une adéquation entre des tâches adaptées et nombreuses, réalisées au sein d’une équipe concernée, exigeante et bienveillante. Nous accordons beaucoup de précautions à tout ce qui est préliminaire à l’embauche (informations, entretien…), phase déterminante pour instaurer confiance, envie, naturel et richesse des relations.

Notre processus d’accompagnement est expérimenté depuis 6 années. S’il y a des incontournables (CV personnalisé respectant les « réalités » de la personne, un stage d’un mois, la rencontre de l’équipe…), les techniciens de l’intégration s’adaptent à chaque situation. La signature d’un contrat de travail engage Avec :

– vis-à-vis du salarié TH qui devra respecter le règlement intérieur, la fiche de poste…

– vis-à-vis de l’entreprise qui devra veiller à ce que ce salarié soit un réel collaborateur, sans que sa vulnérabilité soit niée.

Avec est une association qui n’est pas l’entreprise, qui n’est pas le tuteur : nous sommes une « interface » entre des différents acteurs, comme des traducteurs : si les consignes ne sont pas bien exécutées, si des peurs empêchent une bonne exécution du travail, nous adaptons le langage…

Les techniciens de l’intégration d’Avec travaillent de façon artisanale, chaque intégration est unique, « cousue main ». Le candidat, le salarié occupent la place centrale de nos actions avec l’entreprise. Les astuces, les outils adaptés que nous proposons compensent les déficits cognitifs ou relationnels des personnes bénéficiaires de l’association.

Les techniciens de l’intégration écoutent activement les personnes, observent les situations… Nos yeux, nos oreilles scrutent ce qui va bien, ce qui bloque. Nous portons une attention particulière à ce qui distingue, réduit le flou, clarifie les situations (gestuelles, relationnelles, organisationnelles). Nous essayons de nommer les difficultés, nous les travaillons, puis nous imaginons tous ensemble des solutions, collectons et mutualisons les trouvailles, les solutions pérennes.

Les techniciens de l’intégration travaillent en équipe et avec tous les partenaires de l’association. Dans nos actions, les obstacles, les freins ne sont pas gommés, évités, ils seront autant d’occasions d’un « travail » intellectuel, de rencontres, de recherches, de mise en place d’outils. La difficulté n’est pas un empêchement ni une limite, mais la condition nécessaire pour la mise en oeuvre de notre dispositif.

Avec aménage des espaces de recherches, d‘échanges, d’ajustements, de création. Nous sommes devenus prestataires de formation, c’est logique et indispensable. Les soirées philosophie, le club du samedi, les permanences de familles ont vu le jour parce que nous avons perçus des besoins dans le contexte de réussite des intégrations… D’autres projets sont en gestation.

Avec croit en l’importance des mots qui libèrent, qui créent du lien, donnent du sens. À Avec, les mots servent à « faire » : faire en sorte que la personne vulnérable trouve une place juste dans l’entreprise.

Pour que la personne TH réussisse à « faire » son métier taillé sur mesure, il a fallu de nombreuses écoutes actives, des essais, des mots pour y arriver ! Nous mettons en résonance des mots tels que «compétence/incompétence», termes qui changent de camp selon les situations. La passivité du salarié TH, synonyme pour certains d’incompétences, se transforme en geste adapté (compétence) quand la consigne lui est appropriée après avoir été retravaillée ensemble… L’incompétence à faire comprendre une consigne est tout autant manifeste. Les incompétences peuvent générer des compétences, il est tellement difficile d’expliquer clairement à une personne qui a des difficultés de coordination motrice comment faire deux nœuds pour fermer une poubelle ! Les obstacles peuvent provoquer des solutions inédites (régulièrement, nous sommes les témoins privilégiés d’astuces judicieuses inventées par les équipes ).

La présence de la vulnérabilité peut « déconditionner » des aprioris, des habitudes… Elle peut favoriser le développement des stratégies managériales.

Pourrions-nous dire que nous sommes aussi des « grammairiens du faire » ? Se demander qui est le sujet, où/qui est le complément, quelles sont les voix actives et passives, interrogatives, conjuguer, à quel temps, pour « faire » une place juste à un salarié non standard ?

La responsabilité professionnelle, facteur d’évolutions pour la personne TH.

La situation de « salarié » est centrale. Gagner sa vie par son travail, faire partie du « corps » entreprise, être considéré responsable (pour les devoirs et les droits) comme les collègues, ces faits conduisent le plus souvent à des évolutions qui débordent du temps de travail.

Pendant la scolarité, famille et école s’unissaient pour l’apprentissage des règles de la vie en société et des enseignements de base. L’évaluation par les notes, les sanctions s’il y a un écart de conduite étaient les modes pratiqués simultanément.

Dans l’entreprise, les écarts sont sanctionnés par des avertissements, une mise à pied, voire une rupture de contrat. Ce qui est « non négociable » en entreprise l’est pour tout salarié : ponctualité, implication, intégrer une équipe, souplesse et adaptation. Ces nouvelles références ont des répercutions évidentes, la responsabilité personnelle est engagée. Des résistances au travail qui apparaissaient comme insurmontables dans l’enfance et dans l’adolescence ont parfois disparu avec les exigences de l’entreprise. Avec veut permettre à ces évolutions (responsabilité, autonomie…) de se développer naturellement dans les autres sphères privées (famille, vie sociale, engagement sportif, culturel…).

Notre métier, un outil facteur d’évolutions personnelles

Si les intégrations que nous accompagnons réussissent, cela est donc au prix d’un accompagnement global :

– un temps de formation hebdomadaire pour maintenir l’esprit et les acquisitions en éveil, temps d’élaboration sur les pratiques, culture générale et formation aux gestes de métier…

– un temps où les bénéficiaires avec déficience cognitive se retrouvent pour vivre leurs loisirs, chaque samedi. Ces rendez-vous ont été pensés aussi comme une prévention de l’isolement (chacun étant trop souvent seul dans son entreprise à « parler sa seule langue »), comme possibilité de développer l’autonomie, comme moyen d’entretenir des amitiés… De retour au travail le lundi, il y aura à raconter aux collègues…

Concrètement, chaque semaine, les techniciens de l’intégration et les salariés TH se retrouvent donc trois fois (une visite en entreprise, la formation du mercredi et les activités le samedi), autant d’occasions de se connaître dans différents contextes, d’apprécier la palette des capacités des bénéficiaires comme les signes parfois ténus d’un malaise, auquel il est plus facile de répondre rapidement.

Quand nous sentons un frein dans une situation, nous rencontrons le salarié en individuel, proposons au besoin des réunions autour du bénéficiaire, sa famille, un psychologue ou un professionnel du soin.

L’association Avec est un processus constant d’élaboration de solutions

La personne que nous accueillons arrive avec ses réalités, il nous faudra « faire avec », et elle devra faire avec nous. Puisque nous voulons qu’elle soit actrice parmi les autres acteurs, il nous faut adopter une manière de communiquer qui lui convienne, et ne pas vouloir avoir le dernier mot, couper la parole ou penser/faire à sa place, prétendre à une « tolérance zéro », attendre l’idéal sont des attitudes dont nous essayons de nous défaire ! Le raisonnement, les démonstrations uniquement intellectuelles ne peuvent convenir. Nous tendons plutôt vers un mode de communication qui priorise la compréhension plutôt que la justification, faire réfléchir plutôt qu’essayer de convaincre. Nous prenons le temps d’écouter, de nous poser, de chercher à comprendre, postures apparemment lentes mais qui portent leurs fruits puisque nos réussites d’intégrations sont réelles, fruits qui rafraichissent aussi nos modes de communication !

De même, nombre de managers avec lesquels nous travaillons évoquent les bénéfices pour leur pratique d’intégrer des salariés différents.

Nos actions se succèdent et s’organisent pour que l’expérience soit harmonieuse. Des rencontres sur le lieu de travail peuvent aérer une ambiance de crise, soutenir un acteur dans un passage difficile, savourer des moments de surprise, fêter un évènement ou une réussite… Une intégration réussie est une belle aventure humaine vers plus de dignité pour tous, vers plus d’autonomie, de responsabilité et de tolérance… Accompagner ces expériences, c’est avoir le souci d’en faire une œuvre, c’est comme se sentir « chorégraphes des situations et des événements».

Nous, acteurs de l’intégration, nous sommes aussi des personnes avec nos vulnérabilités, nous ne sommes pas parfaits, mais nous tendons avec fermeté vers l’éthique décrite ci-dessus. Nous voulons à la fois associer pratique, théories, et réalisme économique

Avec propose d’oeuvrer à la compensation du handicap, d’apporter l’expérience d’une réponse citoyenne, humaniste, efficace et joyeuse !

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :